Association dont la mission est reconnue d’utilité publique, WELFARM œuvre pour une meilleure prise en compte du bien-être des animaux à toutes les étapes de leur vie (élevage, transport, abattage). Partenaire des pouvoirs publics et de la gendarmerie nationale, l‘association apporte avis et conseil à  tous ceux qui sont chargés de mettre en œuvre ou de faire appliquer la réglementation qui protège les animaux d‘élevage. Rencontre avec Ghislain Zuccolo, directeur général.

Les contrôles du bien-être animal sont réalisés à partir des normes européennes par les services vétérinaires qui vérifient, par exemple en ce qui concerne les poules pondeuses, que chacune d’entre elles bénéficie bien d’au moins 750 cm2 de surface de la cage.

Le débat européen se situe toutefois à un autre niveau car même si la loi est respectée, ces normes ne peuvent correspondent à un bien-être individuel de l’animal. Certains acteurs souhaitent aujourd’hui qu’il n’existe plus de normes mais que l’on parle plutôt d’objectifs de bien-être animal à atteindre tant pour un élevage intensif d’ailleurs que pour un élevage en plein air où les conditions peuvent ne pas être optimales également. Welfarm est d’avis que les normes de bien-être animal doivent co-exister avec des indicateurs de bien-être animal.

Vous dirigez l’association WELFARM, pouvez-vous nous en dire plus sur son origine et ses missions ?

En tant que cofondateur de WELFARM j’ai toujours fait de la cause animale un élément majeur de ma vie. Très vite je me suis dirigé vers le problème de la souffrance des animaux d’élevage largement concernés puisque plus d’un milliard sont abattus chaque année. C’est une cause pour laquelle tout citoyen a des moyens d’action par ses actes d’achat déjà. Désapprouver l’élevage intensif peut être sanctionné par la décision de ne plus acheter de produits animaux provenant de ce mode de production et de privilégier les produits sous signe de qualité. Après avoir fait une analyse je me suis dit que je défendrais cette cause plutôt que celle des animaux de compagnie ou des animaux sauvages.

Voyant qu’en France on obtenait assez difficilement des résultats dans le domaine de la protection animale alors que dans les pays anglo-saxons en revanche des associations très bien structurées œuvraient efficacement, je me suis tournée vers Compassion in World Farming (une des plus grandes associations britanniques de défense des animaux d’élevage) et ai décidé d’aller y faire du bénévolat pour apprendre leurs méthodes. A l’issue l’organisation m’a proposé de m’aider, à la fois sur le plan technique en m’accompagnant mais aussi sur le plan financier, à créer une structure pour défendre les animaux d’élevage en France. C’est ainsi qu’est née WELFARM en 1994 à Metz.

Pour ce qui est des grandes missions, WELFARM a vocation à œuvrer pour l’obtention de nouvelles règlementations à destination des espèces ne faisant l’objet d’aucune réglementation à ce jour. Il existe une directive européenne qui définit les normes minimales d’élevage des porcs, des veaux, des poulets de chair, des poules pondeuses, mais aucun règlement spécifique pour protéger les lapins, les dindes ou les vaches laitières. Bien sûr vous pouvez trouver des principes généraux de bientraitance dans la réglementation mais aucune norme qui énonce qu’un agriculteur peut élever tant de dindes ou lapins par m² comme il en existe pour les poules.

WELFARM travaille aussi sur l’évolution des réglementations existantes qui proposent aujourd’hui des normes minimales. Notre souhait par exemple en ce qui concerne les poules c’est que l’élevage en cage soit interdit.

Quand la réglementation existe maintenant, une des missions de WELFARM consiste à accompagner les forces de l’ordre ou les pouvoirs publics pour les aider dans l’application optimale des règles. En matière de transport animalier par exemple, nous avons édité une brochure qui explique la règlementation. Nous la diffusons largement auprès des brigades de gendarmerie ayant vocation à faire du contrôle routier et faisons également de la formation auprès de ce même public.

Autre type d’actions : WELFARM encourage toutes les initiatives des éleveurs, des acteurs de l’agro-alimentaire, de la distribution qui visent à mieux intégrer le bien-être animal dans leurs pratiques ou leurs approvisionnements. Cela se traduit par la mise en place d’élevages pilotes qui innovent en termes de bien-être animal.

WELFARM a aussi une mission éducative auprès des plus jeunes pour les sensibiliser au respect de l’animal et à une consommation responsable. Nous intervenons ainsi dans les écoles d’ingénieurs agronomes ou les écoles d’agriculture pour présenter notre travail. Plus globalement, nous conduisons des campagnes pour alerter le grand public sur la réalité des pratiques d’élevage, de transport et d’abattage qui est souvent méconnue.

Enfin, WELFARM possède une ferme refuge et éducative en Meuse de 44 hectares. Ce lieu héberge environ 200 animaux réformés de l’élevage intensif ou victimes de mauvais traitements de la part d’éleveurs en difficulté économique.

Que vous évoque la phrase de Gandhi « On peut juger de la grandeur d’une nation par la façon dont les animaux y sont traités » ?

Les pays les plus respectueux de leur population, les plus évolués sur le plan des droits humains sont en général ceux qui respectent le plus le bien-être animal également, c’est tout à fait notable. Pour compléter par une citation de Lamartine : « On n’a pas deux cœurs, un pour les animaux et un pour les humains. On a un cœur ou on n’en a pas ». L’empathie et le respect du vivant sont les bases de la grandeur d’une nation.

L’Organisation Mondiale de la Santé Animale donne une définition du bien-être animal qui fait référence dans le domaine (- ne pas souffrir de faim et de soif, – ne pas souffrir de contraintes physiques, – être indemne de douleurs, de blessures et de maladies, – avoir la liberté d’exprimer des comportements normaux, – être protégé de la peur et de la détresse). La condition des animaux de ferme a-t-elle réellement changé ces dernières années et si oui quelles ont été les évolutions favorables d’un point de vue réglementaire ?

Oui et non à la fois. La situation des animaux s’est considérablement détériorée avec l’essor de l’élevage intensif né après la deuxième guerre mondiale en réponse à la volonté de réduire le coût de l’alimentation dans le budget des ménages. Cette forme d’élevage industrialisé maltraite les animaux en les entassant et en leur infligeant de mauvais traitements afin d’augmenter la productivité. Nous sommes passés d’un système de polyculture-élevage vertueux, à un système où aujourd’hui 80% des animaux sont élevés en batterie.

Mais dans le même temps depuis les années 70, l’Union Européenne s’est dotée de nombreuses réglementations en faveur du bien-être des animaux d’élevage faisant évoluer la situation vers un mieux. Parallèlement, il existe aujourd’hui aussi une prise de conscience croissante dans la population de la maltraitance animale et des attentes qui s’expriment pour y trouver des solutions.

En ce qui concerne la réglementation maintenant, le premier pas a été accompli après l’adoption d’une directive européenne réglementant l’abattage des animaux portant obligation d’étourdir les bêtes avant leur égorgement. Cette même Directive précise la nécessité de placer les animaux dans des pièges de contention lors de l’étourdissement afin d’éviter qu’ils ne s’affolent et faciliter l’étourdissement.

D’autres directives essentielles pour le bien-être animal ont suivi dans l’objectif par exemple de protéger les animaux lors du transport de longue durée ou encore de mieux les protéger au moment de l’élevage. Malheureusement, ces évolutions sont totalement insatisfaisantes puisqu’elles correspondent à des normes minimales à respecter.

Existe-t-il des indicateurs de bien-être ou au contraire de mal-être mesurables des animaux et qui les contrôle ?

2 choses sont à prendre en compte :

> Les normes réglementaires qui définissent les règles à observer en matière d’espace à respecter et de conditions à remplir pour être compatible avec le bien-être animal.

> Les mesures qui peuvent être mises en place pour évaluer l’état de bien-être de l’animal. De nombreux projets scientifiques ont permis d’établir des indicateurs justement comme celui du Welfare Quality qui propose des méthodes d’évaluation pour 7 espèces animales. Ces méthodes aident les éleveurs et les responsables d’abattoirs à apprécier le niveau de bien-être des animaux dans leurs installations et à redéfinir leurs pratiques, parfois dans le cadre de programmes de certification garantissant aux consommateurs des normes supérieures de bien-être des animaux. Sur la base des évaluations réalisées dans leur élevage, les éleveurs bénéficient ensuite de conseils pour améliorer le bien-être de leurs animaux. Par ailleurs, chaque filière d’élevage possède des instituts techniques ayant développé différents outils qui permettent à l’éleveur de se situer en la matière et de se comparer à ses confrères.

En ce qui concerne les contrôles, ils sont réalisés à partir des normes européennes par les services vétérinaires qui vérifient, par exemple pour les poules pondeuses, que chacune d’entre elles bénéficie bien d’au moins 750 cm2 de surface de la cage.

Le débat européen se situe toutefois à un autre niveau car même si la loi est respectée, ces normes ne peuvent correspondent à un bien-être individuel de l’animal. Certains acteurs souhaitent aujourd’hui qu’il n’existe plus de normes mais que l’on parle plutôt d’objectifs de bien-être animal à atteindre tant pour un élevage intensif d’ailleurs que pour un élevage en plein air où les conditions peuvent ne pas être optimales également. Welfarm est d’avis que les normes de bien-être animal doivent co-exister avec des indicateurs de bien-être animal.

Quels sont vos moyens pour faire pression sur les décideurs politiques et avez-vous l’impression d’être entendus ?

WELFARM agit plutôt au niveau de l’opinion publique en dénonçant régulièrement la réalité des pratiques d’élevage, de transport et d’abatage des animaux pour contrecarrer l’image idyllique qu’essayent de présenter les filières agroalimentaires ou la grande distribution. Si vous allez au salon de l’agriculture, vous verrez des animaux sur paille, de belles vaches et belles poules mais jamais des photos de poules élevées en cage. L’industrie agro-alimentaire fait croire aux français que l’élevage est demeuré extensif. Si cela reste encore le cas pour certaines filières, comme celle des gros bovins qui ont généralement accès aux pâturage, c’est loin d’être le cas pour les porcs par exemple. Il faut savoir que seulement 1% des porcs sont élevés en plein air, 5% le sont sur paille et 95% sur caillebotis, c’est-à-dire dans un modèle industriel. Rappeler cette réalité au grand public permet que les citoyens fassent pression eux-mêmes sur les pouvoirs publics et les hommes politiques.

Quels sont les plus gros scandales de l’agro-industrie (abattage, élevage, transport) en matière de maltraitance envers les animaux pour lesquels vous vous battez mais ne voyez pas encore d’évolution favorable?

Welfarm travaille sur 3 volets d’amélioration des conditions animales : l’élevage, le transport et l’abattage. Il n’y a pas un sujet qui pose plus de problème qu’un autre.

Pour ce qui est de l’élevage la grosse problématique repose sur certaines conditions de vie ainsi que sur les mutilations dont sont victimes les animaux dans les élevages intensifs (le débecquage des poules pondeuses et des canards qui consiste à couper une partie du bec de l’animal avec une machine, la castration à vif des porcs, la pratique de la coupe des queues de cochons). Au niveau du transport maintenant, nous nous battons contre les très longs trajets en mer ou sur routes d’animaux parfois véhiculés dans des conditions effroyables d’aération pour être abattus ou engraissés. Enfin dans le domaine de l’abattage, un des problèmes majeurs repose sur le fait que certains animaux ne sont pas toujours étourdis avant d’être égorgés comme l’exige la réglementation. Autre sujet qui ne relève pas de l’élevage intensif mais pose problème également, beaucoup d’animaux sont abattus en France lors de rituels religieux sans étourdissement. WELFARM s’oppose catégoriquement à ces pratiques et se bat pour l’étourdissement sans exception.

Quel crédit accordez-vous à l’association L214 qui dénonce très régulièrement les conditions barbares dans lesquelles les animaux sont abattus ?

L’action de L214 a permis une vraie prise de conscience de la part du grand public. C’est une association très médiatique dont l’objet consiste à montrer crûment la réalité de certaines pratiques d’élevage.

Quand L214 s’attaque à une marque de l’agro-alimentaire, à un groupement d’éleveurs ou à un distributeur, elle arrive à ses fins. La plupart des acteurs économiques du secteur ont peur de ses investigations qui peuvent nuire à leur image. L’association a donc réussi à obtenir des évolutions majeures que WELFARM n’obtient pas en étant plus pondérée. En cela leur rôle est important et facilite le progrès. WELFARM agit après le constat et la prise de conscience des acteurs qui font appel à nous pour être accompagnés dans leur démarche d’évolution de leurs pratiques. Nous sommes donc assez complémentaires.

L214 dénonce, nous accompagnons !

Le productivisme des exploitants agricoles est-il uniquement lié à la pression de la concurrence internationale ou est-il le fruit d’autres facteurs comme la rareté du foncier ?

Sans aucun doute le productivisme est lié presque exclusivement à la pression des marchés internationaux. Les éleveurs français subissent de plein fouet la concurrence de produits importés d’Europe et d’ailleurs. A titre informatif, 80% de la viande de poulet distribuée en restauration collective provient du Brésil où elle est produite à bas coût. Aujourd’hui WELFARM souhaite que les accords internationaux de libre échange incluent des clauses permettant aux pays de l’UE de refuser l’importation de produits étrangers ne respectant pas les normes européennes de bien-être animal. Ces produits concurrencent nos producteurs de façon déloyale. Il est compliqué en Europe d’être compétitif par rapport aux importations en provenance de pays tiers où les salaires sont bas et la nourriture pour animaux peu coûteuse. Pourtant, nous restons convaincus que l’Europe doit aller de plus en plus vers du qualitatif en termes de production et que le rôle des pouvoirs publics est de sensibiliser en parallèle leurs populations à « manger sain, manger européen ».

Pour ce qui est du foncier, c’est un faux problème. Le territoire français ne manque pas d’espace. Une grosse partie de notre production est élevée en plein air, beaucoup de terre également sont mises en jachère et la forêt regagne du terrain. Il y a donc moyen, notamment de faire de la polyculture-élevage.

Dans le domaine de l’élevage intensif, comment se situe la France par rapport à ses voisins européens ? Est-il possible aujourd’hui en Europe de soutenir le modèle de l’exploitation agricole familiale à la base majoritairement français ?

Il est communément admis que les pays du nord de l’Europe devancent les autres en matière de bien-être animal, notamment sur le plan réglementaire et normatif. Or leurs modèles d’exploitations agricoles, caractérisés souvent par des troupeaux laitiers importants, privilégient la production intensive pour des raisons historiques ou des problèmes liés à l’absence de foncier auxquels ils ont à faire face.

Soutenir le modèle d’exploitation agricole familiale français n’est pas la question finalement. On peut y trouver également de la maltraitance animale. Le sujet prioritaire est surtout le respect de l’animal et sa bientraitance quel que soit le modèle d’élevage.

Sur le plan de la stricte consommation maintenant, les prix ont une influence sur les consommateurs et le « bio » pratique encore des tarifs excessifs alors comment faire évoluer les modes de consommation ? Est-ce au niveau de la sensibilisation aux conditions d’exploitation animalière que l’enjeu se situe ?

L’alimentation dans le budget des ménages s’est réduit comme peau de chagrin depuis l’après-guerre. Actuellement elle représente 12% du budget. Le consommateur se tourne malheureusement en majorité vers des produits à bas coûts, issus de l’élevage intensif.

WELFARM plaide aujourd’hui pour que les systèmes les plus vertueux soient soutenus financièrement par la Politique Agricole Commune (PAC) et que des fonds plus conséquents soient attribués aux élevages les mieux disant en termes de bien-être animal ainsi qu’aux filières courtes. Nous pensons également qu’il faut conserver une segmentation des modes d’élevages. Il n’y a pas que le « bio » dans l’alimentation mais des produits qui donnent des formes d’accès au plein air sont à privilégier.

En ce qui concerne les consommateurs, une des missions de WELFARM consiste à alerter sur la réalité des pratiques d’élevage pour que les modes de consommation se modifient. On y parvient lentement. L’idée est d’essayer de toujours proposer une solution, de dénoncer une pratique et dans le même temps d’informer et de réorienter le consommateur vers un autre acte d’achat (poulet en plein air, porcs fermiers élevés en liberté). Les changements passeront de toute évidence par l’information, la transparence et l’encouragement à consommer de façon responsable. WELFARM a d’ailleurs édité un dépliant qui indique filières par filières quelles sont les signes de qualité ou les mentions à rechercher lorsqu’on est soucieux du bien-être animal. Toutes les études sociologiques et les sondages mettent l’accent aujourd’hui sur le fait que les consommateurs se préoccupent de plus en plus du bien-être animal dans leur acte de consommation. Ils montrent de façon croissante une attente de réponses sur ces questions. C’est la raison pour laquelle un nombre croissant d’acteurs de l’agroalimentaire ou de la distribution travaillent avec WELFARLM et d’autres ONG de la protection animale.

Le bien-être animal est pris en compte de plus en plus par les consommateurs certes mais les animaux, ne sont-ils pas mécaniquement condamnés à être exploités de plus en plus du fait de l’accroissement démographique ?

Pas forcément. Il faut arriver à sensibiliser les pays occidentaux à réduire la part animale dans leur régime alimentaire. Consommer moins mais mieux est la seule réelle solution pour éviter l’exploitation animale et le gâchis subséquent. Cela permettra également de répondre à des problématiques environnementales, de santé publique et permettra surtout à l’éleveur d’obtenir une meilleure rémunération ainsi que des conditions de travail dignes de ce nom. Réfléchir à cette nouvelle manière de consommer est donc bénéfique sur tous les plans.

En parlant gâchis justement, quelle est votre opinion sur le scandale des invendus jetés ou broyés par les grands groupes alimentaires comme Mc Donald alors qu’une partie reste propre à la consommation ? Comment faire aussi pour que la grande distribution s’implique davantage dans la lutte contre le gaspillage alimentaire ?

Le gaspillage alimentaire mérite une sensibilisation plus grande auprès des jeunes publics notamment. Nous avons perdu notre lien avec l’animal devenu marchandise jetable au même titre qu’un bien de consommation durable. Au début du siècle la viande était un produit rare. L’homme respectait la notion d’« être vivant ». L’animal était considéré. Aujourd’hui la consommation de masse et les dérives consuméristes sous-jacentes font que les individus n’ont plus conscience de la vie derrière le geste. C’est devenu banal, comportemental.

WELFARM travaille surtout sur la pratique d’élevage (avec Mc Donald justement) et assez peu sur le gaspillage alimentaire dont le sujet est traité par d’autres associations comme France Nature Environnement. Mais nous restons ouverts à ce type de dialogue essentiels pour progresser vers de bonnes pratiques.

D’ailleurs depuis quelques années, les lois ont évolué favorablement. Le législateur oblige aujourd’hui les acteurs de la grande distribution ou de la restauration collective à donner leurs invendus alimentaires et leurs surplus à des associations caritatives et banques alimentaires. Cette démarche est destinée à limiter le gaspillage tout en fournissant une aide aux plus démunis.

Quelle est la part de la générosité du public dans votre financement ? Vous sentez-vous soutenu dans votre cause ?

Notre modèle économique repose à presque 100% sur la générosité du public. Les subventions sont très ponctuelles et de l’ordre de 1%.

L’intérêt d’avoir une certaine longévité dans une cause c’est qu’on y perçoit mieux les évolutions. Aujourd’hui je constate la prise de conscience de l’opinion publique sur la nécessité de prendre en compte le bien-être des animaux d’élevage. Dans les années à venir, je suis convaincu que l’élevage en batterie pour les poules pondeuses ainsi que d’autres pratiques d’élevage peu respectueuses vont être amenés à disparaître. Donc oui, je me sens de plus en plus soutenu dans la cause que je défends depuis plus de 30 ans.

Parlons du Don en Confiance maintenant, quels sont selon vous ses atouts ?

Un des atouts de l’association est déjà qu’elle regroupe un nombre significatif d’organisations, ce qui permet aux plus jeunes et plus petites d’entre-elles de bénéficier d’une expérience non négligeable. L’association fonctionne aussi en faisant appel à des bénévoles de grand talent ayant acquis une expérience de qualité dans de grandes entreprises. Pour des associations comme WELFARM, le regard extérieur de ce type d’anciens cadres représente une chance.

Enfin l’ancienneté du Don en Confiance lui confère une maturité lui donnant toute légitimité à nous soumettre les points de vigilance sur lesquels porter notre attention.

De quelles manières le Don en Confiance encourage-t-il  ses associations membres à évoluer ?

Le simple fait de vouloir répondre aux exigences du Don en Confiance nous oblige à évoluer pour conserver la labellisation. La Charte du Don en confiance n’est pas figée. Ses améliorations constantes font débat entre les organisations adhérentes et nourrissent de riches échanges générateurs de progrès collectifs et individuels. Le Don en Confiance permet aux organisations de se questionner sur l’impact des actions menées au quotidien afin d’en rendre compte aux donateurs et de leur garantir le contrôle extérieur des missions. Mais au-delà du gage de confiance envoyé aux donateurs, cela représente aussi une satisfaction personnelle pour les administrateurs, les bénévoles et les salariés de l’association.

Quel chemin parcouru depuis votre labellisation ?

Beaucoup. WELFARM est partie de loin. Lorsque nous avons rejoint le Don en Confiance en 2011, il a fallu faire un gros travail de formalisation de procédures dans divers domaines ainsi qu’un travail d’information auprès des donateurs en produisant des documents tels que « L’essentiel de l’année ». Nous avons dû ouvrir aussi le Conseil d’administration à la présence d’un contrôleur, mettre en place de nouvelles procédures d’évaluation des risques, une politique de maîtrise des risques… Sans le Don en Confiance toutes ces tâches administratives chronophages mais essentielles, qui n’entrent pas dans le cœur de nos missions, auraient été repoussées, différées et peut-être jamais réalisées sachant que la protection animale est la priorité de WELFARM. Le Don en Confiance est le « coup de boost » qui nous rappelle chaque instant que la bonne gouvernance d’une structure est aussi importante que la mission première.

Parlez-nous de votre actualité ?

Sous l’égide de Jean-Claude Juncker, la Commission européenne a refusé pendant longtemps d’adopter de nouvelles normes européennes en faveur du bien-être animal. Avec l’arrivée d’Ursula Von Der Leyen qui a fait de l’écologie un des chantiers majeurs de son mandat, les choses ont évolué. La Commission européenne s’est dotée du Green Deal (Pacte vert) ainsi que d’une stratégie nommée « De la fourche à la table » visant à réviser les réglementations dans le domaine, notamment celle concernant le transport des animaux. Pour WELFARM il s’agit d’un enjeu majeur sur lequel nous allons beaucoup travailler.

Notre deuxième actualité concerne la réforme de la Politique Agricole Commune pour laquelle WELFARM demande à ce qu’elle inclut des évolutions ambitieuses en faveur du bien-être animal.

WELFARM suivra également avec vigilance les annonces du Ministre de l’Agriculture concernant l’interdiction du broyage des poussins mâles et de la castration des porcs en 2022.