Observatoire du Don en Confiance

L’Observatoire du Don en Confiance vient de publier une étude révélant la baisse généralisée de la confiance des Français vis à vis des organisations faisant appel aux dons en cette période de crise sanitaire et économique. Les Français estiment que la Covid-19 a surtout incité à être plus soucieux de ses proches. Une situation exceptionnelle phagocytant l’attention des Français, qui ont peu perçu les différentes actions menées par le secteur associatif pourtant plus que jamais mobilisé.

Une confiance globalement ébranlée

La période inédite actuelle voit une baisse importante de la confiance des Français vis-à-vis des associations/fondations faisant appel aux dons : ils ne sont que 39 % à leur faire confiance, soit 16 points de moins par rapport à 2018 et 2019, avec une amplitude allant de 20% pour les non donateurs à 56 % pour les donateurs réguliers. Cette même tendance est observée chez les autres acteurs sociaux et économiques (collectivités locales, entreprises, syndicats, médias, partis politiques…).

Une action associative moins visible pendant la crise sanitaire

La situation exceptionnelle vécue depuis l’apparition du virus a surtout incité les Français à être majoritairement plus soucieux de leurs proches (78 %) et n’a pas renforcé la confiance à l’égard des associations/fondations. Ainsi, ils ne sont qu’un tiers à estimer que la crise de la Covid-19 a renforcé leur confiance à l’égard des associations/fondations pour mobiliser l’opinion, orienter le gouvernement ou encore agir efficacement dans ce contexte de crise sanitaire.

Ces résultats peuvent sembler paradoxaux car la baisse constatée et significative de la confiance envers les associations et fondations est sans rapport avec le niveau d’activité du secteur associatif cette année. Il n’a cessé, et ne cesse, de se mobiliser et de s’adapter au quotidien et dans l’urgence pour répondre aux nombreuses problématiques engendrées par la crise. Depuis le début de l’année, les associations et fondations, en France et à l’international, ont participé à la recherche médicale, sensibilisé aux risques sanitaires, gardé le lien avec les plus fragiles, répondu aux enjeux d’une précarité croissante, maintenu l’accès à l’éducation, permis l’adoption d’animaux ou encore protégé l’environnement.

Nathalie BLUM – Directrice générale du Don en Confiance.

Regagner la confiance : une question de preuve avant tout

La raison principale pour laquelle les Français ne donneraient pas à une association/fondation est le manque de confiance à l’égard de l’utilisation des fonds (68 %, soit + 6 points par rapport à 2019), ceci avant même le fait de ne pas disposer des ressources suffisantes (56 %). De surcroît, plus d’un Français sur deux déclare qu’avoir des preuves réelles est un gage de confiance, bien avant la notoriété ou l’image de l’association/fondation (30 %). Facteur-clé pour regagner la confiance, la preuve que les fonds collectés ont été utilisés efficacement et pertinemment passe par une plus grande transparence concernant les besoins, les réalisations et la progression des projets et s’illustre par des retours concrets des actions menées. C’est d’ailleurs dans cette même logique que trois quarts des Français pensent qu’un organisme en charge du contrôle de l’action des associations/fondations permettrait de limiter les abus ou les scandales et d’améliorer leurs pratiques.

* L’étude a été réalisée du 14 au 20 septembre 2020 en ligne auprès d’un échantillon de 2 002 personnes représentatives de la population française de plus de 18 ans. Représentativité par la méthode des quotas appliquée aux critères suivants : sexe, âge, profession de l’interviewé, région et catégorie d’agglomération.