Les conséquences de la Covid-19 touchent particulièrement les jeunes de 18 à 25 ans, qui sont près de 20 % à vivre en dessous du seuil de pauvreté. Pour faire face à ces difficultés multiformes qui se sont intensifiées depuis la crise sanitaire, la Croix-Rouge française s’engage aux côtés des jeunes en situation de précarité.

Favoriser l’accompagnement global des jeunes : une priorité pour la Croix-Rouge



Des biens de première nécessité…

Pour soutenir les jeunes en situation de précarité (étudiants, au chômage, apprentis), plus d’une trentaine d’initiatives Croix-Rouge ont vu le jour sur l’ensemble du territoire national. Sous la forme de distribution de paniers alimentaires et/ou encore de produits d’hygiène, les bénévoles viennent en aide à la détresse matérielle de la jeunesse.

● A Paris, l’épicerie sociale “L’étape” du XV arrondissement offre une aide alimentaire aux jeunes pendant des horaires réservées à ce public et propose un accompagnement pour la recherche de stage et de jobs étudiants.

● A Tours, le projet « P’tit kdi » qui s’adresse aux étudiants précaires de l’Indre-et-Loire est un service itinérant d’épicerie solidaire. Une camionnette dessert les principaux sites de l’Université François Rabelais et fournit des produits alimentaires et d’hygiène à 10% du prix du marché.

● En Mayenne, un “Marché solidaire à Laval” a vu le jour depuis plus de deux mois. Ce centre de distribution alimentaire implanté en face de l’IUT distribue des biens alimentaires pour les étudiants, en partenariat avec la Banque Alimentaire.

« Pour les étudiants qui n’ont pas de bourses, la famille derrière ou qui n’ont pas trouvé de travail, c’est une chance incroyable de pouvoir manger » rappelle Aésa, étudiante qui se rend régulièrement au marché solidaire étudiant de Laval (Mayenne).

… à la lutte contre l’isolement social

Consciente que le manque de liens sociaux participe à une détérioration de la santé mentale des jeunes, la Croix-Rouge a déployé un panel d’actions pour rompre l’isolement des jeunes et recréer du lien.

Aux côtés du Crous et du CHU, les bénévoles de la Croix-Rouge de Montpellier ont mis en place l’aide «DIRECT » (Dispositif d’Intervention Rapide Étudiants Crous en situation de Tension psychique) afin d’aider les étudiants en situation de mal-être, ce 24h sur 24. De la même manière, l’épicerie sociale de Dijon contribue à restaurer le lien social entre les jeunes et leur propose un temps d’échange avec les bénévoles afin d’appréhender leur solitude.

Etre jeune et agir : une conviction forte de la Croix-Rouge


Qui mieux que les jeunes pour construire une réponse à la précarité des jeunes ? Pour Agathe Landel, coordinatrice de la dynamique jeunesse de l’association, « il est impératif d’encourager l’engagement des jeunes, véritable vecteur d’inclusion sociale ». Cette ambition permet de renforcer la capacité d’initiative de cette population, de lutter contre l’isolement social et de briser les tabous autour de la précarité.

L’appel à initiatives Red Touch’ accueille déjà toutes les idées solidaires issues de la société civile. En 2020 les projets en lien avec la précarité des jeunes ont augmenté tout comme l’engagement bénévole des plus jeunes. Toutes les envies sont les bienvenues !

Synergie avec les autres acteurs de la jeunesse : une ambition de la Croix-Rouge


Dans le but de proposer des actions adaptées aux jeunes et appréhender au mieux leurs besoins spécifiques, l’association souhaite développer des projets en synergie avec d’autres acteurs de la jeunesse.

Pour parvenir à s’adresser à tous les jeunes et cibler au mieux leurs problématiques, la Croix-Rouge française en appelle à la mutualisation des expertises inter associatives sur le terrain : une coopération indispensable pour un public aux facettes multiples qui doit faire face à une crise sociale qui ne fait que trop durer.

La Croix Rouge française est une association labellisée


 © Nicolas Beaumont
La Ligue contre le cancer

Première cause de mortalité dans le monde, le cancer représente aujourd’hui en France 400.000 nouveaux cas par an pour 150.000 décès. En cette journée internationale consacrée à la prévention, la détection, la lutte contre la stigmatisation et le traitement du cancer, retour sur la mobilisation indéfectible de la Ligue nationale contre le cancer pendant la crise sanitaire.

Association française de lutte contre le cancer depuis plus de 100 ans, la Ligue intervient avant, pendant et après la maladie. Son rôle d’accompagnement et de conseil auprès des personnes touchées par le cancer et leurs proches s’avère indispensable pour assurer une aide efficace.

Lors du premier confinement, l’ONG a été pleinement mobilisée via un dispositif spécifique nommé « Covid et cancer » mis en place afin de répondre aux nombreuses inquiétudes. En parallèle et localement, les Comités départementaux de la Ligue ont maintenu le lien avec les personnes malades par visioconférence ou par téléphone et, dès que cela était possible, ont proposé activités, ateliers et aide à distance (séances de sports, soutien psychologique, cours de diététiques ou d’esthétique, etc.). Une aide financière a même pu être mise à disposition pour les personnes en grande précarité.

Au cœur de la deuxième vague de pandémie, la Ligue a lancé un cri d’alarme afin d’éviter les pertes de chances liées au report des opérations et aux retards des diagnostics. Enfin, l’association a été parmi les premiers acteurs à demander à ce que les personnes atteintes de cancer soient prioritaires pour se faire vacciner contre la Covid-19. Une mobilisation couronnée de succès, l’appel ayant été entendu par les pouvoirs publics.

En ce 4 février 2021 – Journée mondiale contre le cancer – ne laissons pas les malades seuls face au cancer. Chacun de vos dons est vital pour leur venir en aide. 

En savoir plus

La Ligue contre le cancer est une association labellisée par le Don en Confiance

Fondation Abbé Pierre

Comme chaque année en période hivernale, la Fondation Abbé Pierre vient de sortir son rapport annuel sur l’état du mal-logement en France qui touche 4,1 millions de personnes mal-logées ou privées de domicile et 12,1 millions fragilisées par rapport au logement. Au total et sans double comptes, près de 15 millions de personnes sont concernées à un titre ou un autre par la crise du logement. C’est dans un contexte déjà grave et bien ancrée qu’est intervenue la pandémie de Covid 19 dont les épisodes de confinement et de couvre-feu ont accentué les inégalités et remis au centre de nos vies l’importance cruciale de disposer d’un chez-soi décent. Zoom sur une situation dramatique qui touche particulièrement les jeunes.

Continuons ensemble ce juste et indispensable combat contre l’exclusion, pour offrir à chacun un toit digne et décent. Continuons ensemble d’agir pour et avec les personnes sans-abri et mal logées. En respect de l’héritage qu’il nous a laissé, nous devons à l’abbé Pierre de ne pas baisser les bras…

Laurent Desmard, Président de la Fondation Abbé Pierre

Les jeunes touchés par la crise

Durant le confinement, 58% des étudiants qui exerçaient une activité rémunérée l’ont arrêtée ou réduite. Parmi eux, seuls 27% ont bénéficié du dispositif chômage partiel. La Fondation souligne sur la période l’attribution d’aides inadaptées aux jeunes qui ne peuvent prétendre au RSA et ne bénéficient pas tous d’une APL. L’absence de RSA pour cette population, pourtant la plus touchée par le chômage, ne facilite en rien son accès à l’emploi et semble avoir des conséquences avérées sur la grande pauvreté de certains.

Un sondage Ipsos réalisé pour l’association révèle que plus de 20% des jeunes éprouvent des difficultés à payer leurs loyers et 35% craignent de ne pas pouvoir faire face à leurs dépenses de logement en 2021.

Double peine et bombe à retardement

La Fondation évoque aussi la « double peine » pour les plus de 300.000 sans-abri qui pour beaucoup se sont retrouvés, lors du confinement, dans l’incapacité de satisfaire leurs besoins de première nécessité (accès à l’eau ou à la nourriture) malgré la mobilisation d’acteurs publics et associatifs.

En outre, la crise n’a pas touché que les sans-abri : « Le confinement a démultiplié les effets de l’habitat indigne sur les personnes qui y vivent« , juge la Fondation Abbé Pierre, qui estime que « le confinement a souligné et exacerbé les inégalités face au logement ».

Enfin, si la crise sanitaire a eu des conséquences immédiates sur les personnes fragiles, d’autres à plus long terme ne sont pas à exclure. La Fondation Abbé Pierre parle de « bombe à retardement » pour les ménages modestes et les acteurs du secteur.

Alors que l’on pourrait croire que l’épisode se limite à une parenthèse douloureuse, la crise apparaît pourtant de plus en plus comme porteuse de conséquences durables : chute de la production de logements (notamment de logements sociaux), blocage des attributions de HLM, montée des impayés, accroissement de la précarité et du chômage, rupture de suivis sociaux, destructions d’emplois à venir et endettement généralisé. L’étendue des dommages à moyen terme reste encore à qualifier mais la Fondation alerte sur les répercussions sociales de cette crise qui seront indéniablement importantes.

Depuis 1984, l’effort public pour le logement n’a jamais été aussi faible

Dans ce 26ème rapport, l’association souligne un bilan très insuffisant de l’action publique pour le mal-logement en 2020 et craint que la situation ne soit guère meilleure en 2021. Les politiques ont été réactives pour limiter la casse sociale mais se contentent trop souvent de mesures conjoncturelles et lacunaires. Alors que la crise aurait pu représenter une opportunité de changements structurels dans le domaine de la relance du logement, de la valorisation des services publics essentiels ou de la refonte des minima sociaux, le plan de relance apparaît bien faible pour changer durablement les choses.

La Fondation Abbé Pierre est une association labellisée le Don en Confiance